La maison pittoresque

Une immersion dans la nature par l'architecture...

À Paspébiac, quelques maisons semblent avoir été importées de la campagne anglaise… entourées d’une végétation luxuriante, elles s’imposent par leur respect de l’environnement, leurs ouvertures majestueuses et leurs similarités avec les plus beaux cottages anglais.

Cette magnifique four-square est logée dans une petite cour intérieure formée d'arbres matures qui encerclent la maison,

Le pittoresque, un style prisé par les Jersiais

Vous savez, ces maisons qui semblent avoir directement poussé hors de terre, ces maisons encerclée d’arbres fruitiers, de fleurs sauvages? Ces maisons sont dites d’inspiration pittoresque. Le pittoresque s’inscrit dans une mouvance de cohésion avec la nature par sa prise en compte dans l’élaboration des composantes architecturales d’une maison.

Ce style, adapté à la flore gaspésienne, se présente en quelques spécimens, le plus souvent loin de la route.

La maison Gérard-D.-Levesque, le manoir Bay View et les 7 maisons des Robin sont des témoins prisés de cette architecture :

Cette maison sur le boulevard Gerard-D.-Est, une magnifique four square et ses composantes pittoresques.
La maison Gérard-D.-Levesque, entourée d'un luxurieux feuillage.

Dans le Guide pratique de l’architecture patrimoniale produit par la MRC de Drummond, l’on fait une genèse des grandes lignes du pittoresque :

• Volumétrie présentant plusieurs petits volumes rectangulaires en saillie (annexes) se joignant au corps principal du bâtiment ;
• Plan irrégulier d’un étage et demi ;
• Toit à deux versants à pente raide, parfois avec pignon à demi-croupe ;
• Revêtement du toit en bardeaux de cèdre ou en ardoise ;
• Revêtement des murs en clin de bois ou en bardeaux de bois ;
• Fenêtres à guillotine ou à battants ;
• Ornementation en dentelle de bois ;
• Détails architecturaux nombreux : avant-toits moulurés, lucarnes à pignon, galerie, balcon, véranda, oriel, etc. ;
• Parfois un mur-pignon se dresse en façade principale ou latérale.

Le pittoresque en Gaspésie

En Gaspésie, plus près de nous, la recherche du pittoresque est portée par les immigrants anglo-normands qui s’établissent dans la région. Plus particulièrement, les maisons construites pour les commis des compagnies de pêche sont relativement luxuriantes. L’on ne peut que penser aux sept maisons qui bordent la 132, à l’intersection de la route du Banc, et à l’Auberge du Parc, notamment, et son grand boisé ancestral.

Selon le chercheur Olivier Beaudin dans son Guide architectural de Port-Daniel-Gascons, voici les caractéristiques dominantes de ce style :

  •  Volumes variés ;
  • Plan irrégulier ;
  • Revêtements muraux en planches à
    clins de bois, de bardeaux de bois
    ou en pierres ;
  • Détails architecturaux nombreux :
    lucarnes, oriels, vérandas, balcons,
    etc. ;
  • Aménagements paysagers élaborés.
L'ancien hôtel Lemarquand et ses vignes.

Le manoir Bay View

Le manoir Bay View se situe à Paspébiac-Ouest, près de l’ancien magasin général Le Grand. Il a passé de mains en mains, du gérant de banque John Pearson à 3 générations de Whittom. On y trouve une multitude de détails architecturaux liés au style du pittoresque, dont de nombreuses frises, une galerie basse, et un sass vitré avec une imposte sur laquelle il était jadis inscrit « Bay View ». 

La maison dans les années 1960. Source : Jean Arsenault Pearson.
Le Manoir Bay View. Source : Claudette Whittom.

Les maisons Robin

Comme nous le signalons plus haut, les sept maisons Robin qui ont abrité les travailleurs de la compagnie Robin à Paspébiac ont été, sauf pour l’une d’elle, construites au tournant du 20e siècle. On les appelait par ailleurs les maisons jaunes, car dans l’Inventaire du patrimoine architectural de 1990, plusieurs d’entre elles sont recouvertes d’un lattis ou clabord tirant sur le jaune. Immergées dans la nature, elles sont sises tout près de l’activité économique tout en bénéficiant du calme et de l’ombre des arbres matures. Un ruisseau traverse l’ensemble, et de jolies granges agrémentent l’ensemble du paysage.

… et l’Auberge du Parc!

L’Auberge du Parc est un autre exemple d’architecture pittoresque entièrement immergé dans un boisé constitué d’une flore incroyablement diversifiée. Avec ses lucarnes à croupe faîtière, ses volets et nombreuses ornementations de bois, cette résidence pittoresque se trouve dans une cour intérieure protégée des intempéries.

En face de cette auberge, un grand jardin était entretenu par des maîtres-jardiniers jusque dans les années 1940.  Une talle de thym existe toujours à cet endroit. La résidence des Robin était au coeur d’un vaste complexe agricole, avec animaux et bâtiments de transformation. À son apogée, 22 bâtiments se trouvaient dans cet ensemble.

L’auberge est aussi entourée d’arbres matures, de plantes ornementales et d’arbres fruitiers (groseillers, framboisiers). Datant entre 1815 et 1840, l’auberge servait à la résidence du gérant général de la compagnie. À côté, la Ferme Robin accueillait les travailleurs durant les mois d’hiver. On appelait justement l’Auberge la « Winter House ».

Voici quelques angles de vue sur cette biodiversité.

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